L'histoire avait commencé en 1984, année à laquelle Mercedes commercialisa la 190E 2.3-16, une version de 185ch de sa berline 190. Elle servit de base à une version DTM qui se battait alors avec les M3 E30. En 1988, Mercedes fit une évolution de cette 190E avec la 2.5-16 qui gagna 10ch et devint dès lors plus sportive. Mais ce n'était pas suffisant aux yeux des ingénieurs Mercedes, c'est alors qu'en mars 1990 fut présentée à Genève la Mercedes 190E 2.5-16 Evolution II, une véritable bête de course !
Le but premier de cette Evolution II fut d'introduire certaines modifications à la voiture engagée en DTM. Mais pour cela, il faut produire 500 voitures qui servirent de bases d'homologation. C'est ainsi qu'est née la 190E 2.5-16 Evo II. A l'époque, elle n'avait que très peu de concurrentes, les plus directes étant la Renault 21 Turbo et la Ford Sierra Cosworth, moins sophistiquées. D'autres voitures furent visées plus indirectement notament la BMW M3 E30.
Esthétiquement, l'habituelle discrétion des Mercedes est totalement oubliée, finie la 2.5-16 Evo I et sa robe presque identique à la version de base. Le kit carrosserie fait la part belle à la sauvagerie et à la course, on la croirait échappée d'un circuit. Le plus marquant reste cet énorme aileron réglable sur la malle arrière. Mais le reste de la voiture ne fait pas dans la dentelle non plus avec le pare-chocs avant doté d'une lame, ses ailes larges et un déflecteur sur la vitre arrière. Le tout est chaussé en jantes de 17 pouces. Cette allure musclée fit grand bruit lors de la présentation de la voiture, néanmoins ces appendices n'étaient pas là pour faire de la figuration et étaient donc amplement justifiés.
Sous le capot, on retrouve le 2.5L 16 souspapes qui passe de 195ch à environ 235ch, avec en plus un rupteur placé plus loin, à 7.700trs/min, ce qui promettait de fantastiques envolées ! De plus, il disposait de pièces allégées, de matériaux inédits et d'une distribution modifiée. Ce moteur atmosphérique affiche tout de même un très bon rendement de 95ch/L et les versions de courses affichaient quant à elle plus de 300ch ! Un peu creux à bas régimes, ce moteur était plutôt pointu, s'exprimant pleinement au-dessus de 4.500trs/min. D'ailleurs les performances étaient bonnes mais handicapées par un poids un peu élevé de 1.415kg. Elle effectuait le 0 à 100 km/h en 7"1 et abattait le 1000m DA en 27"9, le tout pour une vitesse de pointe de 248km/h.
Le châssis, particulièrement affûté sur l'Evo I se vit encore amélioré sur cette Evo II. Elle avait les mêmes trains roulants sophistiqués mais les suspensions étaient affermies et abaissées de 45mm. Bien moins confortable que les Evo I, l'Evo II se voulait maintenant résolument sportive. Les pneus plus larges et les freins de 300mm mordus par 4 pistons permettent en plus à la 190E d'être particulièrement agile et précise sur circuit. Elle n'avait cependant pas la vivacité d'une M3 E30, préférant rester plus accessible, acceptant mieux les erreurs et passant dans les courbes à une vitesse folle grâce à l'appui généré par l'aileron.
Au final, seuls 502 exemplaires de cette impressionnante 190E 2.5-16 Evolution II furent produits, faisant d'elle une voiture très recherchée et ayant une très belle côte. Elle restera la Mercedes la plus sportive jamais produite, CLK-GTR mise à part.
