L'Audi RS2 avait marqué les esprits avec son esprit "Break ultra rapide" et sa virilité, tout droit sortie des ateliers Porsche. Il fallait donc poursuivre dans cette voie, mais la S4 n'était pas suffisante, c'est alors qu'Audi décide en 2000 de lancer le RS4, un break surpuissant, en espérant être digne de son aînée.
Les ingénieurs de Quattro GmbH voulaient arriver à la hauteur de la grande soeur et la S4 Avant était un poil trop juste. Pas de problème, la S4 avant va suivre un programme de musculation pour devenir la RS4. En hommage à la RS2, la RS4 sera elle aussi disponible seulement en version Avant. Seulement cette fois-ci, ce n'est pas Porsche qui sera chargé de transformer la S en RS mais Quattro GmbH et Cosworth (acquis par Audi, sauf le pôle compétition qui resta indépendant) qui se chargèrent du développement. De plus, la concurrence n'existait pas vraiment, la C43 AMG break était en fin de vie et la M3 arrivait en version E46, sans version break.
Si son style ressemble beaucoup à la S4, la RS4 était bien différente même sur le point de l'esthétique. Tout d'abord, les ailes ont été sensiblement élargies, gagnant 34 mm à l'avant et de 32 mm à l'arrière, les baguettes de protections latérales disparaissent et les portes arrières ont été légèrement modifiées. Puis le bouclier avant reçoit 3 bouches : 2 pour l'échangeur du turbo, la centrale pour le radiateur. Le bouclier avant reçoit en plus des écopes avant la roue avant pour évacuer cet air. Puis sur la partie arrière, le bouclier reçoit trois ouvertures, mais celles-ci n'ont absolument aucune utilité si ce n'est pour l'esthétique... Le tout est complété par une double sortie d'échappement ovale et un petit aileron sur le coffre pour améliorer la stabilité a grande vitesse. De plus le bolide est chaussé par de sublimes jantes en 18 pouces qui participent grandement à l'image sportive élégante de ce très beau break.
Un break pour se battre contre des Porsche, ça parait totalement fou. Mais Audi a préparé un petit cocktail à base de turbos sous le capot, comme sur la mythique RS2. Le moteur était le V6 à 90°Bi-Turbo de 2.7L reprit de la S4. Mais un passage dans les ateliers de Cosworth allait le métamorphoser totalement, histoire d'oublier les 265ch du S4. Les deux culasses ont été totalement modifiées ainsi que les tubulures d'échappements et d'admission modifiées elles-aussi. De plus les deux turbos KKK K03 furent remplacés par des modèles de type K04 avec une pression de 2.2 bars couplés avec des enchangeurs 30% plus gros. Tout cela donnait au V6 turbocompressé une puissance de 380ch, soit un rendement assez époustouflant de 142ch/L. Le couple de 440Nm se trouvait de plus disponible entre 2500 et 6000 tr/min, ce qui garantissait au moteur une bonne souplesse. Finit donc l'énorme coup de pieds au cul de la RS2...
Cependant, il ne faut pas se leurrer, les performances étaient de très haut vol ! Jugez par vous-même : 4,9 s pour le 0-100 km/h et de 17,7 s pour le 0-200 km/h, et un 1000m DA abattu en seulement 24.5 secondes, soit seulement 1,5sec derrière une Porsche 911 Turbo, sûrement du à sa boite de vitesse imprécise. Moins violente que son aînée, elle n'en demeure pas moins très rapide sur route. D'autant plus que le châssis abaissé de 20mm et des tarages de suspensions revus la rendait particulièrement efficace et sécurisante sur circuit. De plus, la transmission intégrale Quattro permettait de garder une motricité sans faille. Cependant, elle préférait la sécurité à la sportivité pure et dure et manquait de stabilité à haute vitesse. Le freinage était efficace, malgré des étriers à seulement deux pistons à l'avant et un seul a l'arrière.
Au final, 6030 RS4 auront été produites, à la main dans les ateliers de Quattro GmbH à Neckarsulm. Cette voiture aura déçu les nombreux fans de la RS2 tant cette RS4 parait policé à coté de la furie qu'était la RS2. Toutefois, cette voiture extrêmement performante et confortable se plaçait tout de même en alternative "exotique" de la Porsche 911, et ravira les papas pressés. Ensuite, en 2005, la nouvelle RS4 arriva, mais celle-ci sera l'objet d'un autre article.




